Protocole de Coopération Insuffisance Cardiaque (PCIC) — Formation et télésurveillance
Les nouveaux métiers infirmiers dans l'insuffisance cardiaque : PCIC et ISPIC
Le Protocole de Coopération Insuffisance Cardiaque (PCIC), autorisé par arrêté du 27 décembre 2019, crée un nouveau métier infirmier spécialisé : l’ISPIC (Infirmier Spécialisé en Insuffisance Cardiaque dans le cadre du Protocole de Coopération). Par délégation du cardiologue, l’ISPIC réalise des actes dérogatoires qui lui permettent de prendre en charge les patients insuffisants cardiaques de façon autonome, tout en dégageant du temps médical spécialisé.
Axe 1 du PCIC — Consultations de titration des traitements
L’ISPIC réalise des consultations de suivi toutes les deux semaines pour vérifier les constantes et adapter les posologies des traitements de l’insuffisance cardiaque (bêtabloquants, IEC/ARNI, anti-aldostérone), avec pour objectif l’atteinte des doses cibles en trois mois.
Axe 2 du PCIC — Télésurveillance médicale (TLSm)
L’ISPIC peut prescrire et gérer en autonomie la télésurveillance des patients insuffisants cardiaques : présentation au patient, suivi des alertes algorithmiques, évaluation téléphonique, décision de la conduite à tenir et orientation vers le bon interlocuteur (SAMU, médecin traitant, cardiologue).
La consultation d’inclusion dans le programme de télésurveillance
La consultation d’inclusion est une étape important pour que le patient comprenne le principe de la télésurveillance et puisse s’intégrer pleinement dans le dispositif. Elle dure environ 45 minutes.
type de cardiopathie, ATCD, les traitements en cours, le bilan biologique de base et son fonction rénale, son NTproBNP et son NYHA, …
incluant le repérage des vulnérabilités, les facteurs de risques, l’autonomie du patient, la présence d’aidant si nécessaire et/ou d’un IDEL à domicile
de la motivation du patient et identification des risques de non observance
connaissance de la maladie, sur la reconnaissance des signes E.P.O.F. et sur le régime hyposodé
but, modalités de mise en œuvre, clarification du rôle des intervenants, communication avec l’équipe, règles en cas de non-respect des consignes.
de l’utilisation du matériel utilisé et prise en main par le patient
A minima, au bout de 6 mois, le médecin délégant ou l’infirmier délégué doit obligatoirement vérifier que le patient présente toujours les critères d’inclusion et aucun critère d’exclusion. Si tel est le cas, une nouvelle prescription de télésurveillance peut être effectuée.
Les motifs d’arrêts observés sont :
- Le décès ou l’orientation du patient vers des soins palliatifs
- La greffe ou la mise en place d’une assistance cardiaque
- La dialyse
- L’institutionnalisation (Quid des EHPAD ?)
- La mauvaise observance ou le bénéfice pour le patient interrogeable.
La télésurveillance dans l'insuffisance cardiaque - Le rôle de l'ISPIC
Télésurveillance médicale (TLSm) de l'insuffisance cardiaque chronique
3 modules vidéo pour comprendre et sécuriser l’activité de télésurveillance cardiaque :
cadre réglementaire, mise en place opérationnelle, risques et choix des solutions DMN certifiées.
Armelle Duchenne · Cadre supérieur de santé · AP-HP — Formation PC-IC 2026, Campus Picpus
Contexte réglementaire et enjeux de la e-santé
Télémédecine, télésoins, TLSm : définitions, 5 actes réglementés, prérequis légaux pour exercer en télésurveillance.
Mise en place : de la déclaration au suivi d'activité
Déclaration opérateur, sélection du bon patient, accompagnement thérapeutique (ATP), consentement, facturation TLSm.
Risques, vigilances et choix des solutions DMN
16 solutions certifiées ANS (2026), alertes algorithmiques obligatoires, circuit des données, risques psycho-sociaux.
Référence réglementaire — Ces vidéos s’appuient sur les textes en vigueur en 2026 : décret du 30 décembre 2022, référentiel ANS, recommandations HAS (2022–2024) et cahier des charges TLSm IC.
Questions fréquentes sur la TLSm
La TLSm est un acte de télémédecine qui permet le suivi à distance de patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique. Elle est encadrée par le décret du 30 décembre 2022 et le référentiel de l’ANS. Elle nécessite une déclaration préalable en tant qu’opérateur et le recours à un dispositif médical numérique (DMN) certifié.
En 2026, 16 solutions de dispositifs médicaux numériques (DMN) sont certifiées par l’ANS pour la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque. Elles doivent proposer des alertes algorithmiques obligatoires et respecter le circuit sécurisé des données de santé (hébergement HDS, RGPD).
La mise en place comprend : la déclaration en tant qu’opérateur de TLSm, la sélection des patients éligibles selon les critères HAS, la mise en œuvre d’un accompagnement thérapeutique du patient (ATP), le recueil du consentement éclairé et la facturation selon le cahier des charges TLSm IC.
La télésurveillance peut générer une anxiété liée aux alertes, une dépendance technologique ou une perte du lien soignant-patient. Le module 3 aborde ces risques ainsi que les bonnes pratiques de gestion des alertes algorithmiques pour prévenir les sur-sollicitations des équipes soignantes.