L’ISPIC ou Infirmier Spécialisé en Insuffisance Cardiaque devient un des acteurs incontournables de la prise en charge globale des patients insuffisants cardiaques. Il coordonne le parcours des patients, optimise leur traitement et les télésurveille.

C’est un nouveau métier d’expertise qui nécessite d’acquérir des compétences techniques et pratiques et un au niveau de maitrise des médicaments de l’insuffisance cardiaque, de la prévention et de la gestion des décompensations.

Qu'est ce que la pratique avancée ?

La Pratique Avancée vise un double objectif : améliorer l’accès aux soins ainsi que la qualité des parcours des patients. Elle apporte aux infirmiers une expertise clinique précise de l’insuffisance cardiaque et de nouvelles compétences pour ainsi élargir leurs missions. Ils exercent des actes légiférés par un décret en autonomie dans des établissements de santé ou au sein d’une équipe de soins primaires.

Cette pratique répond à un cadre légal (décret du 18 juillet 2018).

 

Le conseil international des infirmiers (CII) indique que « l’infirmier-ère diplômé-e qui exerce en pratique avancée a acquis des connaissances théoriques, le savoir-faire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. Les caractéristiques de cette pratique avancée sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmier-ère sera autorisé-e à exercer ».

Ainsi, l’infirmier de Pratique Avancée participe à la prise en charge globale du patient Insuffisant Cardiaque. Il réalise des missions et développe des compétences plus poussées jusque là réservées aux médecins.  Ce métier représente finalement la frontière entre les médecins et les infirmiers.  

La formation

Pour avoir accès à la formation IPA il faut justifier : 

  • d’un Diplôme d’Etat infirmier ; 
  • ou d’une Formation initiale ou continue
  • ou d’un VAE/VES : passage en deuxième année directement.

Se former à la pratique avancée nécessite au minimum 3 ans d’exercice et une formation qualifiante. 

La formation qualifiante pour le Diplôme d’État d’Infirmier en Pratique Avancée de grade Master dure 2 ans.  

La première année de Master est en tronc commun et permet de poser les bases de l’exercice infirmier en pratique avancée :

  • Sciences infirmières et pratique avancée
  • Responsabilité, éthique, déontologie
  • Clinique, santé publique
  • Recherche

et la deuxième année centrée sur les enseignements en lien avec la spécialisation choisie. 

La thématique de l’Insuffisance cardiaque est abordée dans la spécialisation : “Pathologies chroniques stabilisées” parmi les nombreuses autres pathologies chroniques. Un stage de 6 mois minimum complète cette formation (2 mois min. en Master 1 et 4 mois min. en master 2).

Le diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée est délivré aux étudiants qui ont validé l’ensemble des enseignements, des stages et soutenu avec succès le mémoire de fin de formation.

Financement de la formation

La formation des IPA peut être faite sur Fonds d’indemnisation régional :

  • les IDE libérales peuvent prétendre à une indemnité annuelle de 10 600 € ;
  • les IDE salariées des centres de santé qui ne cotiseraient pas à un OPCA peuvent également y prétendre.

Lieu d'exercice

L’IPA, grâce à son diplôme validé et enregistré et une durée d’exercice de la profession socle minimale de 3 ans peut exercer en libéral et se rendre au domicile des patients afin d’assurer un lien ville hôpital suite à une hospitalisation du patient insuffisant cardiaque; ou en autonomie au sein d’une équipe pluridisciplinaire insuffisance cardiaque pour prendre en charge les patients.

 

L’IPA suit des patients qui lui ont été confiés par un médecin traitant ou un cardiologue avec son accord et celui du patient. Par exemple, en HDJ, l’infirmier ISPIC-IPA a un rôle pivot grâce à ses compétences mixtes :

  • il peut procéder à l’évaluation clinique des patients (interrogatoire + examen physique),
  • à l’interprétation des examens paracliniques (biologies)
  • et à la participation de la rédaction de la synthèse clinique avec le cardiologue.

Il peut également intervenir pour la coordination des différents intervenants pour la prise en charge des patients insuffisants cardiaques (diététiciens, paramédicaux spécialisés, etc.) ainsi que pour la réalisation de bilan et de séances d’éducation thérapeutiques.

Il a la capacité, dans son domaine de compétence, de prescrire des examens complémentaires, de demander des actes de suivi ou encore de renouveler ou adapter, si nécessaire, certaines prescriptions médicales.

Il revient vers le médecin lorsque les limites de son champ de compétences sont atteintes ou dans le cas d’une dégradation de l’état de santé du patient.

IPA et Télésuivi

L’infirmier en pratique avancée (IPA) peut être impliqué dans des actes de télésurveillance :

  • évaluation clinique ;
  • conclusion clinique ;
  • surveillance clinique et paraclinique (ex : évaluation de l’adhésion et des capacités d’adaptation du patient à son traitement.

La participation du patient et l’implication de l’ISPIC-IPA sont les éléments essentiels au succès du télésuivi. 

 

En pratique, pour la télésurveillance, l’ISPIC-IPA : 

1 – présente la télésurveillance au patient, son but, ses principes et ses avantages. Ainsi, une relation de confiance est établie avec la patient et cela assure un bon fonctionnement et une bonne adhésion au matériel et à la télésurveillance ;

2 – recueille le consentement du patient ;

3 – prescris la télésurveillance ;

4 – repère les alertes, les qualifies et identifie leur éventuel facteur déclenchant et les gères ;

En savoir plus sur la télésurveillance du poids des patients insuffisants cardiaques
En savoir plus sur la télésurveillance des dispositifs implantables (défibrillateur, pacemaker)

IPA et consultations de titration

La titration consiste en l’augmentation des doses d’un traitement jusqu’à l’atteinte de la dose cible ou de la dose maximale supportée. Et cette augmentation doit se faire de manière progressive. 

Les consultations de titration sont prescrites par le médecin et effectuées par l’ISPIC – IPA. Tous les 15 jours l’infirmier voit le patient en consultation pour vérifier ses constantes et assurer l’adaptation des posologies de ses traitements contre l’insuffisance cardiaque (bêtabloquants, IEC, anti-aldostérone). 

Les recommandations indiquent une atteinte du traitement cible en trois mois maximum. 

Ces consultations permettent également une organisation du suivi au long cours : 

  • réévaluation de l’état du patient, 
  • l’adaptation d’une stratégie thérapeutique
  • et le suivi par un spécialiste.